samedi, 17 mai 2008

Apocalypse mémento



Le sang des guerres,
Noircit le jour
Ruine l’amour
Laboure l’aube
D'une pluie de tombes
Sur la foule courbée,
Le sang des guerres…


L’enfant de paix,
Défend le faible
Ré-enchante le monde
Allume l'espoir
Pleure la beauté
D’une fleur de sang,
L’enfant de paix…


Le ciel de feu,
Nous voit debout
Sonne l'accomplissement
Brouille les temps
Avale même la mort
Qui nous dévore,
Le ciel de feu…


Le sang des guerres,
L’enfant de paix,
Le ciel de feu.

 

mardi, 13 mai 2008

Naufragé

 

Fièvre des visages défaits

Qui cessent par pudeur

De pleurer dans le malheur

Pour souffrir dans le fond

Et devenir intérieurement

Plus grimaçant encore...



L'air devient vulgaire

Impudent de noirceur

De lâchage en dérapage

Les traits partent à la nage

Et me laissent désemparé

Tel un roi nu sur la rive...



Naufrage des hypothèses

Au seuil du sombre couloir

Les mèches se consument

Les couleurs se dessinent

Archange ou furie échappée

D'esquifs éventrés en récifs...



L'enveloppe de mon corps

Flashé devient montgolfière

Contenant de langues filaires

Flux cristallin de prières

Qui se brisent sur la grève

Parmi les éclats d'un rêve...




mardi, 01 avril 2008

Léger fracas


Soudain, un trouble.
Restais pensif, tes derniers mots
Cisaillé l’âme, me tuent.

Retrouvée, antre bleue.
T’offrant ainsi, ce sourire nu,
Livide, le cœur citronné.

Quel gâchis, adieu.
Vie qui se brouille, amarres béantes
L’échouage bref, cassant.

Fracas léger, mort.
La rouge soie, retour aux larmes,
Toit effondré, habité.

Puis, plus rien…

 

vendredi, 16 mars 2007

Le songe est une vie…

 

Saisir l’oxymore tragique

De ma pensée atone

Paradigme de pure folie :

Exister, combattre, ériger…

 

Aigle et colombe mêlés

Mourant, ressuscitant, pareils

Dans le théâtre du sacré

Déverse-toi, source d’amour…

 

Ô, spectacle qui m’offense

D’une langue sans musique

Sans repères, sans risque !

Car le songe est une vie…

 

Dessine en moi l’histoire ;

Souverains trahis, oubliés,

Clairs de leur éloquence,

Sur les degrés du parvis…

 

Leur parole porte encore

Et leurs songes tragiques,

Mystérieux, lacunaires,

En mille sphères me contiennent…

 

L’univers dans une boite,

Mon sexe devenu verbe

A la beauté rendue visible,

Extatique, corporel…

 

Enfouie sous le geste des mots

Ce temps sculpté de nuit,

Mémoire du sacrifice

Implore le corps baroque…

 

Les machines tuent le rêve

Dans les nefs obscènes

De la divine comédie :

Souffle, lâche, libère ta parole…

 

 

dimanche, 04 février 2007

Arrière-cour

Cagoules sans visages

Extérieur nuit

Reste l’ennui

Mozart dans sa cage


Un humain ?

 

Façades rapportées

Dégage cloporte

Glissez cohortes

Aux paliers acérés


Un jardin ?

 

Ni humain, ni jardin

L’arrière-cour

Vide d’amour

Où gît le colombin


Un paysage ?

 

L’arbre clandestin

Flaque argentée

Visage mouillé

Le soleil luit enfin


Un printemps ?

 

Masque et poussière

Paumes au ciel

Providentiel

Fatras de lumière


Voir maintenant…

 

 

mercredi, 03 janvier 2007

La chute

Acheter permis

tapis sûr vertige

style ego sourd

brise hareng mort

glissade utile

voilier inhabité

étoile d’hypothèse

ventre exhibé

tendre élégant

propriété liquide

fougère empire

couloir et savoir

chaîne d’adoration

et puis...

 

La chute

 

L’oublieur

Pelletée de terre

semée à l’ombre

du pommier sec

 

Trou rebouché

le premier train

d’autres horizons

 

Dans mes rêves

elle me dit non

miroir avili

 

Parfois mes mains

se battent au sang

oublier et vivre

 

Si je la chasse

elle me retrouve

je dois le faire

 

Fantôme de jour

silence blanc

goût de sang

 

 

mardi, 27 décembre 2005

Tropismes

 

Etre soi-même
Fouillant à tâtons
Dans l’étroite gorge

 

Belle aube naufragée
Rempart maladif
Miettes de biscuit sec

 

L’univers s’écoule
Sur les ailes d’albatros
D’une pensée fauve

 

Verre d’eau oublié
Un rebord quelconque
Où le vide rugit

 

 

Rien

 

Semer le sentiment de son utilité
Ne récolter que le mépris du silence…

 

Donner pour le plaisir de donner
Garder pour soi l’illusion d’être aimé…

 

Laisser tout en ordre lorsqu’on s’en va
Vivre en dérangeant le moins possible…

 

Confier à des étrangers ses chagrins
Les enfouir dans leurs regards lointains…

 

Porter dignement la retenue du martyr
Oubliant ce cœur naufragé de solitude…


Eviter d’attirer l’attention sur soi
Et crever d’avoir mené une vie pour rien….

 

Au bout du compte n’être que la trace
D’une âme juste frôlée par un rêve…

 

Le poids de ce rien
Pollen dans le vent.

 

dimanche, 11 décembre 2005

Le chemin du temps

Route de l’aube embrumée
Vois le voilier, son silence
Au gré d’une route océane
La mer avide prend l’homme,

Arraché à ses landes parfumées
Vers des routes incertaines
Obsédé par sa seule quête
De ce qui n’existe qu’hors de soi,

Pour un cœur de chair offert
Brûle une braise de prophète
Etre l’otage de la seule éternité
Sur la plage échoué et brisé,

Au fil du temps voici l’œuvre
Elle naît sitôt la vérité vécue
Temps du lent retour à soi…

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