jeudi, 08 décembre 2005
Amour en nos corps
Mon regard éploré
Calé en ces murs refuge
Où l’amour purge sa peine
Ton regard seul a suffit
Dans le berceau de tes mains
Le petit enfant se réveille
Encore chiffonné de rêves
Frisson de tes caresses
Besoin de s’appartenir
Sous la pluie gouttant
La sève à la saison des passions
Sur la noue de nos lèvres
Douce musique
Chant couvrant mon chaos
Flotte, Ô ma source soyeuse
De ton cœur au mien
Oubliés les oripeaux de solitudes
L’âme jardinière
Je désire les allées parfumées
Des fleurs sur ton corps
15:40 Publié dans Chat noir chat blanc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La caresse
Ailleurs et en d’autres temps
Cette rencontre aurait eu un goût de fiel
Pourtant bien peu de choses ont changé
Le temps inexorable médiateur peut-être
Ainsi votre main caresse la mienne
Vos larmes tièdes m’étonneront toujours
Le jour se dérobe
Permettez-moi de vous quitter
Pour une dernière fois
15:40 Publié dans Chat noir chat blanc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Un coin de parapluie…
Bénie soit cette vilaine pluie
J’ouvre alors mon parapluie
Qui, heureusement, est petit
Car contre moi tu te blottis !
Ce petit ciel rien qu’à nous
Courant sens dessus dessous
Avec l’arc-en-ciel en proue
Jusqu’à ta porte où l’on s’ébroue.
Nos chaussures détrempées
Se tiennent dans l’entrée
Sur le sols luisent nos pieds
Au prétexte d’une tasse de thé.
Nos éclats de rire enfantins
Ont ignoré le soleil du matin
Je reviendrai un jour prochain
Goûter les fruits de ton jardin…
Sous ce petit coin de Paradis…
15:35 Publié dans Chat noir chat blanc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Requiem pour un ange...
La geôle fraîche où je demeure prostré
Depuis quand ? Je ne le sais plus vraiment au juste…
Par le soupirail, des heures je suis avisé,
Ces jours livides rasant le plafond vétuste !
Souvent tu me parles à l’ombre de la vigne,
Nous contemplons les reflets dorés du couchant
Observant dans la nuit, le doux sommeil des cygnes.
Mille fois, à ton doigt d’opale, glisse un diamant.
Le vent se lève, son pur reflet se ternit
L’eau du lac rougit alors, ton regard s’échappe
Les cygnes, la lune, les étoiles ont fuis
L’horreur bloque mon cri, je tombe dans une trappe.
Les chaînes traînent aux amarres de mon corps
D’où suinte le pus; je t’offre des poèmes.
Tu cours, bel ange fuyant la nuit pour l’aurore,
Mais l’ombre d’un jaloux hurle ce requiem.
15:35 Publié dans Chat noir chat blanc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Dans un champ, je marche…
Dans un champ
De tournesols,
Je marche,
Ebloui de ta beauté
En éclats de rire…
Tes vêtements
Voltigent au vent
Du désir,
Accrochés aux soleils
D’aurore de la vie…
Des cris d’enfants
Ont lacéré le bleu
De notre amour,
Notre village en feu
Partout des soldats…
Autour de nos têtes
Sifflent des insectes
Trop pressés,
Tu t’écroules alors
Lâchant ma main…
Dans un champ
De coquelicots
Je te porte,
Traînant la tristesse
D’une multitude…
15:35 Publié dans Chat noir chat blanc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Tu m'as dit
Tu m'a dit
Reste
Et j'ai habité en toi
Epousant les vagues
Du désir
Tu m'as dit
Encore
Blottie contre mon cœur
Palpitant de toi
Ma source
Tu m'as dit
Je pars
Dans un dernier baiser
Volé au temps
Des autres
Tu m'as dit
Adieu
J’ai suivi tes pas
Nu et désemparé
Je t'aime…
15:30 Publié dans Chat noir chat blanc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 07 décembre 2005
Harmonium
Tintements étouffés de mille carillons
Sources éclatantes dont l’air vibre encore
Sur l’onde grave des timbres organiques…
L’écho se disperse en fragments atones…
Le fleuve de ta voix m'emporte
Ouvre le flanc des soleils hurlants
Aux flux silencieux du cœur
L'eau dans l'oreille de la mer
Propage la clameur de ses franges
En coquillages de mémoire
Nappes sonores déployées en pluie chantée…
Percussion et frottement sur les bois
Doux murmure du feuillage frémissant,
Rideau de repos bruissant sur nous…
Voix mêlées au creux de la nuit
Pics cristallins, éboulis de pierres,
Collier d’or fondant l’onde de ton souffle …
L’harmonium fait son nid dans ma poitrine…
13:20 Publié dans Spiralée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ginger (conte ordinaire sur Terre)
Il était un fois une décharge à ciel ouvert
Paradis originel car les anges la virent s’échouer
Sur ce ventre chaud au parfum de mort,
Se mouvait alors la silhouette chétive de Ginger
Expulsée discrètement sur les hardes de la misère
Elle grandit sans grandir, dans la froideur de l’oubli.
Son visage, noix perdue sur une terre desséchée,
Semblait insensible à la beauté des saisons
Jusqu’à sa rencontre avec un nounours mutilé
Déchet parmi les déchets, mais aussi nouvel ami
A qui elle offrit larmes, confiance et amour
Quelques coutures malhabiles et des yeux dépareillés
De partout des mains la réclamaient, l’acclamaient,
Elle était star dans le fantasme des hommes
Sur une scène fleurie devant un public de nounours
L’hiver fût précoce et particulièrement rude
Ginger perdit la vue puis ses membres bleuirent
La braise enfouie dans son âme mourut à son tour
Feu dérisoire feu d’amour pour son fidèle nounours
Sous les yeux horrifiés des gens de la décharge
Le médecin constata le décès tout en notant,
Malgré les chairs brunies et tannées par la bise,
Sur le visage de Ginger la trace discrète d’un sourire.
11:50 Publié dans Balancement des jours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 04 septembre 2005
Haïkus du sabre dans les étoiles
Sabre dans les étoiles :
- dernière heure ?
- moustique assoiffé ?
*
Une étoile filante
sur le tranchant du sabre
l’esquive vaux mille vœux
*
Une branche trop basse
le sabre volant trop haut
nuits blanches d’une veuve !
*
Les feuilles éclaboussées
d’une lune tâchée de sang
automne à la porte
*
Deux plumes d’acier se croisent
voie lactée comme témoin
duel d’écrivains
*
14:10 Publié dans Sabremot | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 27 juillet 2005
L’Escale.com
Etait-ce un bar, une barge rouillée,
Un mouillage pour esquifs éventrés,
Un refuge pour sans domiciles fixes ?
Je ne sais plus, mais un jour lointain
J’ai poussé cette porte, suis entré
Sans faire de bruit visant un coin discret
Et j’ai observé, écouté d’habiles poètes
Et d’autres, maladroits mais sincères,
Le monde se métamorphosait,
Chacun pouvait grimper les marches du vent
Et ramener, dans la douleur, des fragments
De voyages intérieurs et des nostalgies
Si belles à faire germer les bulbes du cœur !
Etait-ce un bar, une barge rouillée,
Un mouillage pour esquifs éventrés,
Un refuge pour sans domiciles fixes ?
Je me souvient seulement avoir changé d’adresse…
07:13 Publié dans Spiralée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 20 juillet 2005
Dans les flaques éparses voyagent les nuages
Il pleut
dehors seulement
par l’unique fenêtre
la ville endormie
le jour semble loin…
Nous avions longtemps roulé
éblouis dans le silence
portés par une conversation
si loin jusqu’aux vagues
nos pieds libérés
frissonnants
de rosée…
Toujours et encore bercés
par tant d’insouciance
ce galop aérien
sur le chemin du temps
de ce temps d’avant…
Il pleut
au cœur de la nuit
dans ce cœur déserté
ce corps étranger
gouvernail échoué
dans le vertige des années
loin de nos rêves
ton sommeil paisible
et la vaine pesanteur
du jour dernier…
22:40 Publié dans Balancement des jours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Cheminée de brique rouge
Cheminée de brique rouge
tu as perdu ton statut de beffroi
des manufactures, des forgerons
car aujourd’hui ta frêle stature
s’érige encore entre une banque
et la façade d’un immeuble
Noyée aux abords de la cité
comme une amarre oubliée
abandonnée aux oiseaux
tu traînes ton ombre tendue
sur le cadran des jours,
des siècles qui défilent
sans livrer tes secrets
Qui verra ma solitude
se fondre dans les nuages ?
22:35 Publié dans Spiralée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


