mercredi, 03 janvier 2007

L’oublieur

Pelletée de terre

semée à l’ombre

du pommier sec

 

Trou rebouché

le premier train

d’autres horizons

 

Dans mes rêves

elle me dit non

miroir avili

 

Parfois mes mains

se battent au sang

oublier et vivre

 

Si je la chasse

elle me retrouve

je dois le faire

 

Fantôme de jour

silence blanc

goût de sang

 

 

La chute

Acheter permis

tapis sûr vertige

style ego sourd

brise hareng mort

glissade utile

voilier inhabité

étoile d’hypothèse

ventre exhibé

tendre élégant

propriété liquide

fougère empire

couloir et savoir

chaîne d’adoration

et puis...

 

La chute

 

vendredi, 08 septembre 2006

Haïkus des parfums


 

Le corps

 

Fleurs sur ta peau

Couvrent d’arômes ta blancheur

Dont je m’enivre

 

 

La terre

 

Un ciel d’orage ?

Le vent transporte

Des bouquets d’ailleurs

 

 

La table

 

La table est lustrée

A la cire d’abeille qui se mêle

Au parfum du gingembre

 

 

Le hangar à bois

 

Poutres et planches

Libèrent leurs essences

Jusque dans la sciure

 

 

La charpente

 

Les bois assemblées

Conjuguent en tous temps

Les parfums des lieux

 

 

La courtisane

 

Sortant d’un auberge

Flotte une bouffée suave

Dans la rue déserte

 

 

L'attente, délectable supplice

 

 

Partir, s’enfuir loin

Alors qu'on aime encore

Et faire confiance à la mort

 

 

                        *

 

Ecrire derrière le vertige

Les jours saignent

De chaque seconde sans toi

 

 

                        *

 


Un livre fétiche retrouvé

Parsemé d’annotations

Et tout me revient

 

 

                        *

 

 

Précieux marque-page

Ruban de quatre photomatons

Un pull mohair, ton sourire

 

 

                          *

 

 

Le soleil se couche

Le vent s’apaise en ce soir

Mon cœur, fauve sans sommeil

 

 
                        *

  

Un appel de toi

Tandis que je me retrouvais :

Confusion, euphorie, nuit blanche !

 

 

Rêves

La nuque d’ivoire

 

Sur l’élégance fluide

D‘une nuque en mouvement

Glisse le pinceau de ma langue

 

 

Mains déliées

 

Cheveux en cascade

Sous la danse des mains

Où meure mon regard

 

 

Un sein

 

Dans le contre-jour

Eclatant de lumière, flotte

Sous la soie un sein

 

 

Souffle de jasmin

 

Le vent du désir

Ecarte les rideaux vaporeux,

Frissons sur la peau

 

 

Le fourreau du samouraï


Le Samouraï contemple

La geisha aux yeux de jade

Devant lui, le mont Fuji…

 

 

Epaule sous la lune

 

Sur ton épaule dorée

roule la bretelle de soie

jusqu’à ton pied

 

 

Le rideau s'écarte

devant le ballet de tes mains

le roi se lève

 

 

La lune chaste

découvre un chemin

où s'offre ton orchidée

 

 

jeudi, 17 août 2006

Le violoniste

 

Quand il joue

Il se joue de tout

Miaule sur les toits

L’amour aux abois

 

L’étui au bras

Un matin il s’en va

Nous laissant fredonner

D’un cœur ébréché

 

Ses yeux trop bleus

Usés par les adieux

Se taisent dans l’air

Aux larmes amères

 

L’archet dessine

Sous l’arche divine

Les notes arrachées

Des vœux envolés

 


Garde-corps

 

Hauteur de l’air

Souffle à contre-désir

Avide et retenu

Une épaule

Cachée

 

Dans l’anse bleutée

Les voiles

Caressent doucement

De leur onde

Tes cils

 

Nénuphar

Posé dans la main

Se referment

Le sourire

Du jour mi-clos

 

Laisse le soleil

S’enfanter

Et nous ravir…

 

 

jeudi, 09 février 2006

1 clou

9999
clous
1
tulipe,

9999
trous
1
souvenir,

9999
appels
pas 1 seul
de toi,

1
clou
fiché
au cœur,

9999
clous
mais
tout semble
si vide…

 

 

mardi, 27 décembre 2005

Tropismes

 

Etre soi-même
Fouillant à tâtons
Dans l’étroite gorge

 

Belle aube naufragée
Rempart maladif
Miettes de biscuit sec

 

L’univers s’écoule
Sur les ailes d’albatros
D’une pensée fauve

 

Verre d’eau oublié
Un rebord quelconque
Où le vide rugit

 

 

Rien

 

Semer le sentiment de son utilité
Ne récolter que le mépris du silence…

 

Donner pour le plaisir de donner
Garder pour soi l’illusion d’être aimé…

 

Laisser tout en ordre lorsqu’on s’en va
Vivre en dérangeant le moins possible…

 

Confier à des étrangers ses chagrins
Les enfouir dans leurs regards lointains…

 

Porter dignement la retenue du martyr
Oubliant ce cœur naufragé de solitude…


Eviter d’attirer l’attention sur soi
Et crever d’avoir mené une vie pour rien….

 

Au bout du compte n’être que la trace
D’une âme juste frôlée par un rêve…

 

Le poids de ce rien
Pollen dans le vent.

 

dimanche, 11 décembre 2005

Le chemin du temps

Route de l’aube embrumée
Vois le voilier, son silence
Au gré d’une route océane
La mer avide prend l’homme,

Arraché à ses landes parfumées
Vers des routes incertaines
Obsédé par sa seule quête
De ce qui n’existe qu’hors de soi,

Pour un cœur de chair offert
Brûle une braise de prophète
Etre l’otage de la seule éternité
Sur la plage échoué et brisé,

Au fil du temps voici l’œuvre
Elle naît sitôt la vérité vécue
Temps du lent retour à soi…