dimanche, 13 juillet 2008
Feuillage
un visage dans le feuillage
dans les branchages du bocage
une cage dans le marécage
sur la plage du naufrage
quelques bagages des cordages
tout l'équipage est en voyage
dans les nuages et sans bagages
où chaque étage vole d'avantage
mais ce visage me dévisage
et m'engage au vagabondage
vers les parages d'un Aéropage
où vivent les sages et leur lignage
leur langage n'est qu'adages
écrits en ramages sur le feuillage
et les herbages ils partagent
leurs messages et leur présages
avec les mages d'un autre âge
mais l'étalage de mes verbiages
n'est qu'un passage vers le large
vers ton visage dans le feuillage
09:33 Publié dans Chat noir chat blanc | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 17 mai 2008
Apocalypse mémento
Le sang des guerres,
Noircit le jour
Ruine l’amour
Laboure l’aube
D'une pluie de tombes
Sur la foule courbée,
Le sang des guerres…
L’enfant de paix,
Défend le faible
Ré-enchante le monde
Allume l'espoir
Pleure la beauté
D’une fleur de sang,
L’enfant de paix…
Le ciel de feu,
Nous voit debout
Sonne l'accomplissement
Brouille les temps
Avale même la mort
Qui nous dévore,
Le ciel de feu…
Le sang des guerres,
L’enfant de paix,
Le ciel de feu.
06:59 Publié dans Spiralée | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mardi, 13 mai 2008
Naufragé
Fièvre des visages défaits
Qui cessent par pudeur
De pleurer dans le malheur
Pour souffrir dans le fond
Et devenir intérieurement
Plus grimaçant encore...
L'air devient vulgaire
Impudent de noirceur
De lâchage en dérapage
Les traits partent à la nage
Et me laissent désemparé
Tel un roi nu sur la rive...
Naufrage des hypothèses
Au seuil du sombre couloir
Les mèches se consument
Les couleurs se dessinent
Archange ou furie échappée
D'esquifs éventrés en récifs...
L'enveloppe de mon corps
Flashé devient montgolfière
Contenant de langues filaires
Flux cristallin de prières
Qui se brisent sur la grève
Parmi les éclats d'un rêve...
10:37 Publié dans Spiralée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La maison penchée...
En plein cœur du quartier fraîchement rénové, on peut l'apercevoir entre deux résidences à quelques pas d'un centre commercial. La maison penchée...
Beaucoup de passants font mine de l'ignorer, certains pressent même le pas lorsqu'ils longent sa clôture couverte de graffitis, ses fenêtres béantes comme des yeux crevés, son toit à moitié effondré et son jardin envahi de ronces et de d'objets de consommation abandonnés. Ferait-elle peur à ce point ? Bien que je ne me l'explique pas, sa présence me rassure. La maison penchée...
A chacun de mes passages quotidiens, je lui jette un regard bienfaisant et complice. Par le simple fait d'être encore ici, la rue et même le quartier, ont conservé une âme. Cela me rassure de la voir chaque jour pareille à elle même. Elle ressemble à un accident du présent, un rocher brisant l'indiférence des flots d'une rivière, une porte vers d'autres réalités. J'interprête aussi sa présence comme une invitation à percevoir les choses cachées, enfouies dans les mémoires ancestrales, dans mon inconscient. La maison penchée...
Je n'ai jamais franchi son portail autrement qu'en rêve. Elle me hante, cette silhouette sombre posée dans le froufrou verdoyant de son jardin. Elle incarne pour moi l'insondable mystère de la féminité, à la fois offerte et indéchiffrable. Les promoteurs n'ont pas réussi à la posséder, les chats de gouttières viennent y miauler et s'écharper à la pleine lune. Les clochards y finir leur nuit de saoûleries. Comment cette douce maladie à la normalité peut me mettre dans un tel état de jubilation ? A croire que je recherche systématiquement l'accroc dans le paysage, la faille chez le donneur de leçon, le furoncle sur le visage de l'ange ! Mais elle m'est devenue toujours plus essentielle. La maison penchée...
Ce matin , comme tous les matins, j'emprunte la fameuse rue où elle se trouve. C'est mon pèlerinage, mon instant sacré, ma quête. Je presse la pas devant la morne façade de la résidence qui la précède. La maison penché, petit sanctuaire qui, à chaque fois, me bouleverse. Ben mince alors ! Je ne vois, à sa place, que la vitrine d'un coiffeur pour dames. Puis mon reflet... un peu penché.
00:36 Publié dans Balancement des jours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 11 avril 2008
Meurtre au Petit Bosquet
Je sors, la truffe au vent,
quartier du Petit Bosquet :
une vieille gratte, rires laconiques
décor limé de vert et gris
flic au regard vide et morgue
herbe rougie, barrière, flash
l'homme allongé, c'est moi...
Trou noir dans les souvenirs
indices incendiés, vertige
de ma présence furtive
sans l'ombre d'un doute
je suis resté dans ce monde
pour l'autre, l'assassin connu
de moi seul. Seulement, l'oubli...
Mal au crâne, défoncé de surcroît
noyé dans la foule, il observe
lui, mon meilleur ami, à son bras
ma femme, lunettes noires,
je les suit. Dans la voiture
une paire de gants, des vêtements,
un sac plastic, ils s'embrassent...
Dans le journal, un titre :
« Meurtre au Petit Bosquet »
Trois lignes sur un mari aimé
et des orphelins sur le carreau.
Je ne clame pas vengeance
et quitte ce monde vert de gris
priant pour les amants-assassins...
17:39 Publié dans Balancement des jours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 01 avril 2008
Léger fracas
Soudain, un trouble.
Restais pensif, tes derniers mots
Cisaillé l’âme, me tuent.
Retrouvée, antre bleue.
T’offrant ainsi, ce sourire nu,
Livide, le cœur citronné.
Quel gâchis, adieu.
Vie qui se brouille, amarres béantes
L’échouage bref, cassant.
Fracas léger, mort.
La rouge soie, retour aux larmes,
Toit effondré, habité.
Puis, plus rien…
23:39 Publié dans Spiralée | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
samedi, 22 mars 2008
L'entendras-tu un jour ?
Pour toi, toi seule,
j’ai jeté mes mots
nus dans le vent
Je me suis tut
face à ton bâillement
verdict de solitude
La gorge serrée
je t'ai vue ma muse
sortir sans un regard
Tu as toujours su
trouver mon épaule
pour pleurer
Avant d'aller rejoindre
ces hommes violents
qui te font souffrir
Cet amour secret
que je t'offre en poésie
l'entendras-tu un jour ?
11:33 Publié dans Chat noir chat blanc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Haïkus des chemins aléatoires
Sabots ferrés
pluie fine et boue
je rêve d'un feu
Piste pierreuse
horizon trompeur
l'oasis se dérobe
Crissement de pas
dans un silence blanc
mes yeux pleurent
Vent impétueux
griffe d'ocre le ciel
sable dans la bouche
Nappes de brume
qui lentement s'élèvent
comme un corsage
Les brisants
jettent leur écume
par dessus mes cris
10:57 Publié dans Sabremot | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 21 mars 2008
Môo
Fille de servante
Môo est née dans les dépendances
où trimait sa pauvre mère.
Orpheline à peine sortie de l’enfance
elle remplaça la défunte dans toutes les corvées :
cuisine, ménage, linge de maison.
Les maîtres de Môo avaient trois fils
dont le second avait son âge.
Elle grandissait et devenait toujours plus belle,
mais sa condition de domestique
faisait qu’aucun des trois fils
n’avait encore considéré sa beauté.
Un invité étrange s’attardait le soir après le repas,
accoudé sur la rambarde du perron
il fumait sa pipe bourrée d’opium,
écoutant le chant des grillons dans la nuit.
Môo, à ce moment, traversa pied nus le jardin
pour vider une bassine d’eau au pied d’un manguier.
L’invité remarqua sa grâce et sa beauté,
et composa sur le champ ce poème :
"Une biche solitaire,
de son pas léger,
traverse un cimetière
pour se désaltérer.
La lune pâle éclaire
un pêcher en fleur,
La biche hume l’air
et tremble de peur.
L’esprit de sa mère
la couvrit de brume,
une fille en robe claire
vit l’homme qui fume.
Trois chasseurs épiaient
une biche dans la nuit,
L’esprit du lieu fumait
une vision le ravit."
Môo sentant sur elle le regard d’un homme
eut un frisson de surprise et s’enfuit
de son pas léger, accomplir sa corvée.
13:53 Publié dans Balancement des jours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Haïkus de la décision de vivre
« Je crois qu’il est temps
d’être bien »
paroles qui me reviennent
Parfois tout semble
nous échapper
amphore fissurée qu'on remplit
Bien peu de certitudes
résistent aux assauts du doute
aux fruits de l’expérience
Il suffit de bien peu
en réalité
pour un bonheur partagé
Recevoir
douloureuse offrande
les sanglots humiliés
S’arrêter net
et s’intéresser à l’autre
comme meilleur ami
Ensoleiller
d'un sourire d'un regard
le visage peint de souffrance
Même l'infirme peut dire
« Je crois qu’il est temps
d’être bien »
Celui là avance
guidé par la simplicité
ses pas fleurissent derrière lui
13:48 Publié dans Sabremot | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 16 mars 2007
Le songe est une vie…
Saisir l’oxymore tragique
De ma pensée atone
Paradigme de pure folie :
Exister, combattre, ériger…
Aigle et colombe mêlés
Mourant, ressuscitant, pareils
Dans le théâtre du sacré
Déverse-toi, source d’amour…
Ô, spectacle qui m’offense
D’une langue sans musique
Sans repères, sans risque !
Car le songe est une vie…
Dessine en moi l’histoire ;
Souverains trahis, oubliés,
Clairs de leur éloquence,
Sur les degrés du parvis…
Leur parole porte encore
Et leurs songes tragiques,
Mystérieux, lacunaires,
En mille sphères me contiennent…
L’univers dans une boite,
Mon sexe devenu verbe
A la beauté rendue visible,
Extatique, corporel…
Enfouie sous le geste des mots
Ce temps sculpté de nuit,
Mémoire du sacrifice
Implore le corps baroque…
Les machines tuent le rêve
Dans les nefs obscènes
De la divine comédie :
Souffle, lâche, libère ta parole…
21:10 Publié dans Spiralée | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
dimanche, 04 février 2007
Arrière-cour
Cagoules sans visages
Extérieur nuit
Reste l’ennui
Mozart dans sa cage
Un humain ?
Façades rapportées
Dégage cloporte
Glissez cohortes
Aux paliers acérés
Un jardin ?
Ni humain, ni jardin
L’arrière-cour
Vide d’amour
Où gît le colombin
Un paysage ?
L’arbre clandestin
Flaque argentée
Visage mouillé
Le soleil luit enfin
Un printemps ?
Masque et poussière
Paumes au ciel
Providentiel
Fatras de lumière
Voir maintenant…
12:10 Publié dans Spiralée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


