vendredi, 08 septembre 2006

Haïkus des parfums


 

Le corps

 

Fleurs sur ta peau

Couvrent d’arômes ta blancheur

Dont je m’enivre

 

 

La terre

 

Un ciel d’orage ?

Le vent transporte

Des bouquets d’ailleurs

 

 

La table

 

La table est lustrée

A la cire d’abeille qui se mêle

Au parfum du gingembre

 

 

Le hangar à bois

 

Poutres et planches

Libèrent leurs essences

Jusque dans la sciure

 

 

La charpente

 

Les bois assemblées

Conjuguent en tous temps

Les parfums des lieux

 

 

La courtisane

 

Sortant d’un auberge

Flotte une bouffée suave

Dans la rue déserte

 

 

L'attente, délectable supplice

 

 

Partir, s’enfuir loin

Alors qu'on aime encore

Et faire confiance à la mort

 

 

                        *

 

Ecrire derrière le vertige

Les jours saignent

De chaque seconde sans toi

 

 

                        *

 


Un livre fétiche retrouvé

Parsemé d’annotations

Et tout me revient

 

 

                        *

 

 

Précieux marque-page

Ruban de quatre photomatons

Un pull mohair, ton sourire

 

 

                          *

 

 

Le soleil se couche

Le vent s’apaise en ce soir

Mon cœur, fauve sans sommeil

 

 
                        *

  

Un appel de toi

Tandis que je me retrouvais :

Confusion, euphorie, nuit blanche !

 

 

Rêves

La nuque d’ivoire

 

Sur l’élégance fluide

D‘une nuque en mouvement

Glisse le pinceau de ma langue

 

 

Mains déliées

 

Cheveux en cascade

Sous la danse des mains

Où meure mon regard

 

 

Un sein

 

Dans le contre-jour

Eclatant de lumière, flotte

Sous la soie un sein

 

 

Souffle de jasmin

 

Le vent du désir

Ecarte les rideaux vaporeux,

Frissons sur la peau

 

 

Le fourreau du samouraï


Le Samouraï contemple

La geisha aux yeux de jade

Devant lui, le mont Fuji…

 

 

Epaule sous la lune

 

Sur ton épaule dorée

roule la bretelle de soie

jusqu’à ton pied

 

 

Le rideau s'écarte

devant le ballet de tes mains

le roi se lève

 

 

La lune chaste

découvre un chemin

où s'offre ton orchidée