jeudi, 17 août 2006

Le violoniste

 

Quand il joue

Il se joue de tout

Miaule sur les toits

L’amour aux abois

 

L’étui au bras

Un matin il s’en va

Nous laissant fredonner

D’un cœur ébréché

 

Ses yeux trop bleus

Usés par les adieux

Se taisent dans l’air

Aux larmes amères

 

L’archet dessine

Sous l’arche divine

Les notes arrachées

Des vœux envolés

 


Garde-corps

 

Hauteur de l’air

Souffle à contre-désir

Avide et retenu

Une épaule

Cachée

 

Dans l’anse bleutée

Les voiles

Caressent doucement

De leur onde

Tes cils

 

Nénuphar

Posé dans la main

Se referment

Le sourire

Du jour mi-clos

 

Laisse le soleil

S’enfanter

Et nous ravir…