mardi, 27 décembre 2005

Tropismes

 

Etre soi-même
Fouillant à tâtons
Dans l’étroite gorge

 

Belle aube naufragée
Rempart maladif
Miettes de biscuit sec

 

L’univers s’écoule
Sur les ailes d’albatros
D’une pensée fauve

 

Verre d’eau oublié
Un rebord quelconque
Où le vide rugit

 

 

Rien

 

Semer le sentiment de son utilité
Ne récolter que le mépris du silence…

 

Donner pour le plaisir de donner
Garder pour soi l’illusion d’être aimé…

 

Laisser tout en ordre lorsqu’on s’en va
Vivre en dérangeant le moins possible…

 

Confier à des étrangers ses chagrins
Les enfouir dans leurs regards lointains…

 

Porter dignement la retenue du martyr
Oubliant ce cœur naufragé de solitude…


Eviter d’attirer l’attention sur soi
Et crever d’avoir mené une vie pour rien….

 

Au bout du compte n’être que la trace
D’une âme juste frôlée par un rêve…

 

Le poids de ce rien
Pollen dans le vent.

 

dimanche, 11 décembre 2005

Le chemin du temps

Route de l’aube embrumée
Vois le voilier, son silence
Au gré d’une route océane
La mer avide prend l’homme,

Arraché à ses landes parfumées
Vers des routes incertaines
Obsédé par sa seule quête
De ce qui n’existe qu’hors de soi,

Pour un cœur de chair offert
Brûle une braise de prophète
Etre l’otage de la seule éternité
Sur la plage échoué et brisé,

Au fil du temps voici l’œuvre
Elle naît sitôt la vérité vécue
Temps du lent retour à soi…

jeudi, 08 décembre 2005

Amour en nos corps

Mon regard éploré

Calé en ces murs refuge

Où l’amour purge sa peine

Ton regard seul a suffit

 

Dans le berceau de tes mains

Le petit enfant se réveille

Encore chiffonné de rêves

Frisson de tes caresses

 

Besoin de s’appartenir

Sous la pluie gouttant

La sève à la saison des passions

Sur la noue de nos lèvres

 

Douce musique

Chant couvrant mon chaos

Flotte, Ô ma source soyeuse

De ton cœur au mien

 

Oubliés les oripeaux de solitudes

L’âme jardinière

Je désire les allées parfumées

Des fleurs sur ton corps

 

La caresse

Ailleurs et en d’autres temps

Cette rencontre aurait eu un goût de fiel

 

Pourtant bien peu de choses ont changé

Le temps inexorable médiateur peut-être

 

Ainsi votre main caresse la mienne

Vos larmes tièdes m’étonneront toujours

 

Le jour se dérobe

Permettez-moi de vous quitter

Pour une dernière fois

 

Un coin de parapluie…

 

 

Bénie soit cette vilaine pluie

J’ouvre alors mon parapluie

Qui, heureusement, est petit

Car contre moi tu te blottis !

 

 

Ce petit ciel rien qu’à nous

Courant sens dessus dessous

Avec l’arc-en-ciel en proue

Jusqu’à ta porte où l’on s’ébroue.

 

 

Nos chaussures détrempées

Se tiennent dans l’entrée

Sur le sols luisent nos pieds

Au prétexte d’une tasse de thé.

 

 

Nos éclats de rire enfantins

Ont ignoré le soleil du matin

Je reviendrai un jour prochain

Goûter les fruits de ton jardin…

 

 

Sous ce petit coin de Paradis…

 

 

Requiem pour un ange...

La geôle fraîche où je demeure prostré

Depuis quand ? Je ne le sais plus vraiment au juste…

Par le soupirail, des heures je suis avisé,

Ces jours livides rasant le plafond vétuste !

 

Souvent tu me parles à l’ombre de la vigne,

Nous contemplons les reflets dorés du couchant

Observant dans la nuit, le doux sommeil des cygnes.

Mille fois, à ton doigt d’opale, glisse un diamant.

 

Le vent se lève, son pur reflet se ternit

L’eau du lac rougit alors, ton regard s’échappe

Les cygnes, la lune, les étoiles ont fuis

L’horreur bloque mon cri, je tombe dans une trappe.

 

Les chaînes traînent aux amarres de mon corps

D’où suinte le pus; je t’offre des poèmes.

Tu cours, bel ange fuyant la nuit pour l’aurore,

Mais l’ombre d’un jaloux hurle ce requiem.

 

 

 

Dans un champ, je marche…

Dans un champ

De tournesols,

Je marche,

Ebloui de ta beauté

En éclats de rire…

 

Tes vêtements

Voltigent au vent

Du désir,

Accrochés aux soleils

D’aurore de la vie…

 

Des cris d’enfants

Ont lacéré le bleu

De notre amour,

Notre village en feu

Partout des soldats…

 

Autour de nos têtes

Sifflent des insectes

Trop pressés,

Tu t’écroules alors

Lâchant ma main…

 

Dans un champ

De coquelicots

Je te porte,

Traînant la tristesse

D’une multitude…

 

Tu m'as dit

 

Tu m'a dit

Reste

Et j'ai habité en toi

Epousant les vagues

Du désir

 

Tu m'as dit

Encore

Blottie contre mon cœur

Palpitant de toi

Ma source

 

Tu m'as dit

Je pars

Dans un dernier baiser

Volé au temps

Des autres

 

Tu m'as dit

Adieu

J’ai suivi tes pas

Nu et désemparé

Je t'aime…

 

mercredi, 07 décembre 2005

Harmonium

 

Tintements étouffés de mille carillons

Sources éclatantes dont l’air vibre encore

Sur l’onde grave des timbres organiques…

 

L’écho se disperse en fragments atones…

 

Le fleuve de ta voix m'emporte

Ouvre le flanc des soleils hurlants

Aux flux silencieux du cœur

 

L'eau dans l'oreille de la mer

Propage la clameur de ses franges

En coquillages de mémoire

 

Nappes sonores déployées en pluie chantée…

 

Percussion et frottement sur les bois

Doux murmure du feuillage frémissant,

Rideau de repos bruissant sur nous…

 

Voix mêlées au creux de la nuit

Pics cristallins, éboulis de pierres,

Collier d’or fondant l’onde de ton souffle …

 

L’harmonium fait son nid dans ma poitrine…

 

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