mercredi, 07 décembre 2005
Ginger (conte ordinaire sur Terre)
Il était un fois une décharge à ciel ouvert
Paradis originel car les anges la virent s’échouer
Sur ce ventre chaud au parfum de mort,
Se mouvait alors la silhouette chétive de Ginger
Expulsée discrètement sur les hardes de la misère
Elle grandit sans grandir, dans la froideur de l’oubli.
Son visage, noix perdue sur une terre desséchée,
Semblait insensible à la beauté des saisons
Jusqu’à sa rencontre avec un nounours mutilé
Déchet parmi les déchets, mais aussi nouvel ami
A qui elle offrit larmes, confiance et amour
Quelques coutures malhabiles et des yeux dépareillés
De partout des mains la réclamaient, l’acclamaient,
Elle était star dans le fantasme des hommes
Sur une scène fleurie devant un public de nounours
L’hiver fût précoce et particulièrement rude
Ginger perdit la vue puis ses membres bleuirent
La braise enfouie dans son âme mourut à son tour
Feu dérisoire feu d’amour pour son fidèle nounours
Sous les yeux horrifiés des gens de la décharge
Le médecin constata le décès tout en notant,
Malgré les chairs brunies et tannées par la bise,
Sur le visage de Ginger la trace discrète d’un sourire.
11:50 Publié dans Balancement des jours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Merci Pascal de ton passage sur mon blog. Cela m’a permis d’aller visiter le tien. Si tu n’y vois pas d’inconvénient, je le référence sur mon blog. J’aime bien tes poèmes et tes haïkus.
Tu as cependant un problème de transcription. Je suppose que tu le sais. Cela rend parfois difficile la lecture de tes poèmes. J’espère que tu sauras corriger ce défaut technique…
Avec mes amitiés.
Ecrit par : Gaudeamus | dimanche, 11 décembre 2005
Gaudeamus,
Utilisant Firefox comme navigateur, je n'étais pas conscient ce problème de transciption, mais je viens, grâce à toi dfe m'en appercevoir et fait le nécessaire.
Je vois que Ginger et ton inconnu mort comme un chien se sont rencontrés...
Dès que possible je mettrais aussi un lien vers ton blog.
Amitié
Pascal
Ecrit par : Pascal | lundi, 12 décembre 2005
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